Histoire de la Visitation d ‘Angers

Premier Monastère

En 1635 arrive à Paris, un prêtre animé du désir de fonder une Visitation dans sa ville d’Angers, il s’appelle Guy Lasnier, Abbé de Vaux. Il rencontre Ste Jeanne de Chantal qui désigne elle-même les fondatrices : 5 sœurs de Paris II, 1 postulante, la supérieure Mère Claire-Madeleine de Pierre (de Paris I), ensuite 1 sœur de Moulins et 1 de Nantes.

L’établissement a lieu le 6 janvier 1636, au Logis-Barrault, après un transfert au prieuré Saint-Eloi, la communauté acquiert le terrain de sa future maison sur la paroisse Saint Germain en Saint Laud au sud-est d’Angers, en 1643. La construction commence le 6 mars 1644, le monastère ne sera jamais achevé, il ne comportera que 2 ailes.

En 1650, Henry Arnauld devient évêque d’Angers. Dix ans plus tard ses opinions jansénistes vont, par l’intermédiaire du clergé acquis aux idées nouvelles et par la supérieure Mère Marie-Constance Constantin, entraîner la majorité des sœurs dans l’erreur. Mais la communauté possède dans ses rangs des âmes d’élite ; telle, la vaillante Mère Jeanne-Françoise Le Tort, qui se révèle à la fois « âme d’oraison » et « vraie fille de l’Eglise ». Avec elle, « un petit reste » de sœurs fidèles tiendra pendant 20 ans, ce sera le germe du renouveau de la communauté.
Le 29 septembre 1792, les sœurs sont dispersées, 13 d’entre elles vont connaître les prisons de la Terreur, 5 y trouvent la mort en 1794, dont la supérieure Mère Marie-Hyacinthe de Monteclerc, puis 2 autres en 1795. En 1807, 3 sœurs du monastère d’Angers seront reçues à la Visitation de Blois et 1 à Toulouse en 1810. La communauté de Blois se déplace au Mans en 1822.

Deuxième Monastère

Le 6 juillet 1863, la seconde Visitation d’Angers est fondée par un groupe de 5 sœurs du Mans et 1 postulante sous la direction de Mère Anne-Marie Bergeron (professe du Mans), qui a connu 3 sœurs de l’ancien Monastère d’Angers. Quittant l’hôtel de la Frégeolière, sa première demeure, la communauté s’installe à la propriété de L’Image le 6 juillet 1864. La chapelle et le monastère (2 ailes) sont construits entre 1868 et 1875 (la 3ème aile de 1932 à 1934).

En 1899, l’atelier du Pain d’Autel est créé pour assurer des ressources à la communauté. En 1903, les meubles et objets du monastère sont mis en sécurité en Belgique jusqu’en 1920, mais la communauté n’a pas été inquiétée. En 1904-1906, l’ancien monastère, qui avait été transformé pendant la Révolution en hospice puis en caserne, est totalement démoli.

En septembre 1943, la communauté accueille les sœurs de Nantes victimes des bombardements. En juin 1944, la ville et le monastère d’Angers sont eux aussi bombardés. Les deux communautés se réfugient à la campagne durant 3 mois dans les propriétés de Montivert-Boishureau près de Baugé avant de revenir à Angers, pour une 2ème année ensemble.

Le 25 janvier 1971, la communauté décide la fermeture du monastère, et fusionne avec la Visitation de Nantes. Celle-ci accueille 12 sœurs et Le Mans 4 sœurs, chacun des monastères suivants reçoit une sœur : Paray-le-Monial, Roubaix, Paris I et II, le Grand Fougeray et Saint Pierre d’Albigny.

*1) Détail du plan général du monastère de la Visitation d’Angers dans son état actuel par De Marie, le 5 mai 1792, l’an IV de la liberté, plan aquarellé couleur 63,5 x 49,8 cm. Arch. dép. Maine-et-Loire, 11 Fi 1077.
*2) Détail de la vue d’Angers en ballon par J. Arnout, 1844. Arch. mun. Angers, O 2 Fi 335.

Source :

Le Rouzic Rose-Marie, « La caserne de la Visitation à Angers : réoccupation d’un ancien couvent de 1792 à 1904 », In Situ [En ligne], 16 | 2011, mis en ligne le 09 mai 2011
URL : http://insitu.revues.org/192 ; DOI : 10.4000/insitu.192

Bibliographie :

Le Rouzic Rose-Marie, L’enclos de la Visitation d’Angers (du XVIIe au début du XXe siècle), Archives d’Anjou in Mélanges d’histoire et d’archéologie angevines, n° 13, décembre 2009, p. 121-135.

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1er Monastère (*1)

 

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Aquarelle du 1er monastère (*2)

 

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Image représentant les sœurs mortes
pendant la Révolution

 

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2ème Monastère

 

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Propriété de Montivert

 

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Sœur externe devant la porte de la chapelle