La Servante de Dieu Mère Maria-Angelica Alvarez Icaza

 
Conchita, de son nom de baptême, est née à Mexico le 17 décembre 1887 dans un foyer aisé mais sa maman meurt en 1896 laissant 9 enfants âgés de 5 mois à 13 ans. Conchita est souvent favorisée de la présence sensible de Dieu, de l’Enfant-Jésus, de la Vierge et de son Ange gardien. Elle pratique l’oraison et la mortification, et veut être fille de saint François de Sales comme sainte Marguerite-Marie. On peut dire que le Cœur de Jésus, humilié pendant sa vie terrestre et continuellement anéanti dans l’Eucharistie a toujours été son Maître.À 17 ans, elle entre à la Visitation de Morelia. À sa Prise d’Habit, lui est donné le nom qui convient à son âme pure toujours unie à Dieu : Maria Angelica. Elle fait Profession le 25 juin 1906, et prend trois résolutions pour toujours : humilité, simplicité, fidélité. Survient la Nuit spirituelle : sensation d’être rejetée par Dieu, impossibilité de prier, tentations. L’épreuve dure sept ans et s’adoucit à partir du 21 novembre 1913 quand elle fait vœu de tout faire par amour.Le 25 mars 1914, elle reçoit la grâce des « Fiançailles spirituelles » et pour sceller cette donation, elle grave avec un fer rouge sur sa poitrine le monogramme de Jésus, JHS.

Plus encore elle ressent la blessure du « martyre d’Amour » causé par le fait de ne pouvoir posséder pleinement le Bien-Aimé. Elle écrit : « Je suis comme une personne qui aurait une flèche enfoncée dans sa poitrine ; ainsi mon âme est blessée profondément de l’Amour de son Amant, par une douce amertume produite par cet Amour, je ne pense qu’à sa blessure ; mais elle est si douce, que je ne l’échangerais pour aucun plaisir. Âme heureuse, laisse-toi mourir de cette blessure ! » Cette flèche mystique a eu un effet physique : depuis l’exhumation de ses restes en 1985 on peut voir un orifice dans l’os du sternum à la hauteur du cœur.

Quelques semaines plus tard, au moment de la Communion elle ressent la présence de la Trinité Sainte : le Père la regarde avec une complaisance infinie, le Verbe s’unit à son âme par le Mariage spirituel, l’Esprit Saint la couvre de son ombre. C’est le 20 avril 1914, en épouse fidèle elle célébrera cette grâce le 20 de chaque mois pendant 63 ans !
Elle reçoit une triple mission :
– montrer les charmes de l’Amour divin (par ses écrits nombreux et sa parole surtout par sa vie),
– être une victime d’amour et d’expiation pour la gloire de Dieu et le salut des âmes (mortifications sanglantes, maladies, exil, difficultés d’une fondation),
– être un vivant portrait de Jésus (douceur et humilité voilant l’extraordinaire de sa vie).

À cette époque la persécution s’aggrave, après le clergé, les religieux doivent s’exiler. Les 40 visitandines de Morelia se réfugient dans leur charitable monastère fondateur de Madrid II, mais il est trop petit pour 90 Sœurs.
En 1922, nos mexicaines se rendent dans la région de Cadix et se fixent à Puerto Santa Maria. Sœur Maria-Angelica est nommée Maîtresse des Novices et enfin Supérieure des 6 visitandines espagnoles qui partent le 2 juin 1948 pour le Mexique.

Le 26 juin, Mère Maria- Angelica est accueillie après 32 ans d’exil par Mgr Martinez son Père spirituel depuis 1916, devenu Archevêque de Mexico. Après des mois très difficiles, les Sœurs s’installent à Noël dans une maison plus convenable. L’église a été construite grâce à la Providence : une jeune fille handicapée demanda son entrée, Mère Maria-Angelica pensa qu’en ce commencement un tel acte charité serait agréable à Dieu. Et voici que les parents fortunés de la postulante vont prendre à leur charge la construction de l’église !

Mère Maria-Angelica a pu voir son œuvre achevée sur le plan matériel et spirituel surtout : la Communauté est nombreuse et favorisée de vocations solides, avec la clôture et la parfaite observance. Cette fidélité à l’esprit des Fondateurs elle l’a transmis aux Visitations voisines en tant que Mère fédérale.

Le 9 février 1956, Mère Maria-Angelica est réveillée dans la nuit par ces paroles : « Entre dans la joie de ton Seigneur ». Une heure après, elle apprend que Mgr Martinez vient de mourir, leurs âmes jumelles ont communié à la même joie céleste, l’une dans la gloire, et l’autre sur la terre (aujourd’hui le procès de béatification est entamé pour l’un et l’autre).
La vie des âmes saintes s’achève au Calvaire. Dans ses deux dernières années, Mère Maria Angelica a eu de pénibles infirmités et des peines spirituelles qu’elle n’éprouvait plus depuis longtemps. Enfin le 12 juillet 1977, se consomme pour elle l’union avec son Epoux divin.

L’œuvre de la grâce a fait de Mère Marie-Angelica « un vivant portrait du Christ » qui est avant tout et surtout Victime et Prêtre. Ces deux aspects se trouvent dans sa vie : dans une atmosphère de simplicité, de paix et de sainte joie, elle a toujours connu incompréhensions et difficultés en plus de ses terribles mortifications et du martyre d’Amour. De plus sa spiritualité a une nuance sacerdotale marquée de grâces spéciales : la conservation des espèces eucharistiques d’une communion à l’autre et une participation plus profonde au Sacerdoce du Christ que celle de tout baptisé. Mgr Martinez lui avait écrit :
 
« Vous serez la compagne aimante du Prisonnier du Tabernacle… son sanctuaire vivant… sa mystérieuse sacrificatrice ; plus encore : une Eucharistie vivante… sa vie eucharistique profondément cachée, avec son secret silence, avec ses mystérieuses douleurs, avec son amour incompréhensible ».

Conchita à l’âge de 2 ans

Conchita à l’âge de 2 ans

A 17 ans

A 17 ans

Le jour de sa Profession

Le jour de sa Profession

Dessin qu’elle fit de son mariage spirituel

Dessin qu’elle fit de son mariage spirituel

Monseigneur Martinez

Monseigneur Martinez

Sanctuaire du Monastère  de Mexico

Sanctuaire du Monastère de Mexico

En 1977, à 90 ans

En 1977, à 90 ans

Maria-Angelica-Alvarez-Icaza