Le Sacré-Coeur

 

 

Les Fondateurs

Saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal ont préparé par leur dévotion profonde au Cœur de Jésus leur Institut à sa mission : aimer et faire aimer le Sacré-Cœur.

Voici le saint domicile où saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal ont passé le Carême précédant la fondation de la Visitation, il lui écrit le 24 février 1610 : « Je ne sais où vous serez ce Carême ; selon l’esprit, j’espère que vous serez dans le Côté percé du Sauveur. Je veux bien m’essayer d’y être souvent avec vous. Hier il me semblait que voyant le Côté de Notre-Seigneur ouvert, vous vouliez prendre son Cœur pour le mettre dans le vôtre, comme un Roi dans un petit royaume. Que ce Seigneur est bon, que son Cœur est aimable ! Demeurons-là, en ce saint domicile ; que ce Cœur vive toujours dans nos cœurs, que ce Sang bouillonne toujours dans les veines de nos âmes ! »
Le 24 avril suivant, cette fois la demeure dans le Cœur de Jésus est pour toujours, il lui écrit : « Il m’est avis que nous ne demeurerons plus en nous-mêmes et que, de cœur, d’intention et de confiance, nous nous logerons pour jamais dans le Côté percé du Sauveur, car sans Lui, nous ne pouvons rien faire, mais quand nous pourrions, nous ne voudrions rien faire : Tout en Lui, Tout par Lui, Tout avec Lui, Tout pour Lui, Tout Lui ! »

Un an après la fondation, 10 juin 1611, saint François de Sales écrit ce billet à sainte Jeanne de Chantal où il décrit les armoiries de la Visitation dont il a eu l’inspiration dans la nuit :
« J’ai pensé qu’il nous faut prendre pour armes, un unique cœur percé de deux flèches enfermé dans une couronne d’épines surmonté d’une croix et gravé des noms de Jésus et Marie. Vraiment notre petite Congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l’ouverture de son Sacré-Cœur. Il est donc bien juste que notre cœur demeure, par une soigneuse mortification, toujours environné de la Couronne d’épines qui demeura sur la tête de notre Chef, tandis que l’Amour le tint attaché sur le trône de ses mortelles douleurs ».
Le cœur représenté est d’abord celui de laVisitandine qui doit être intimement uni par imitation et par amour au Sacré-Cœur. Ainsi les armes de la Visitation qui symbolisent ce profond Cœur à cœur annoncent déjà le culte au Sacré-Cœur de Jésus dont sainte Marguerite-Marie sera l’apôtre soixante ans plus tard.
Sainte Jeanne de Chantal prophétisait : « Si les Sœurs de notre Congrégation sont bien humbles et bien fidèles à Dieu, elles auront le Cœur de Jésus, leur Époux crucifié, pour demeure et séjour en ce monde, et son palais céleste pour habitation éternelle. »
Pour définir l’esprit de l’Institut sainte Jeanne de Chantal rappelle à ses Filles les paroles de leur Fondateur : « les Religieuses de la Visitation qui seront si heureuses que d’observer leurs règles fidèlement, pourront véritablement porter le nom de Filles évangéliques, établies particulièrement en ce dernier siècle pour être les imitatrices des deux plus chères vertus du Sacré-Cœur du Verbe incarné, la douceur et l’humilité, qui sont comme la base et le fondement de leur Ordre, et leur donnent cette grâce incomparable de porter la qualité de Filles du Cœur de Jésus. »

17ème siècle

À l’école des Fondateurs, les Visitandines ne tardèrent pas à se tourner vers le Cœur de Jésus comme le bien propre à chacune d’elles ; et presque chaque Visitation posséda l’une de ces âmes éminentes qui pouvait dire : « Entre le Cœur de Jésus et mon cœur, il n’y a pas d’entre-deux. »

Sœur Anne-Marie Rosset quatre ans après la fondation, s’arrêta un jour pour baiser les pieds d’un grand crucifix, il lui sembla que Jésus se baissait, et elle se trouva les lèvres appliquées sur la plaie de son Côté et son cœur attiré dans le Cœur de Jésus, il lui sembla que celui-ci lui disait : « Nous ne nous séparerons jamais, nous nous aimerons éternellement cœur à cœur ; je te reçois pour ma fille et mon épouse, j’aurai toujours soin de toi. »

Mère Anne-Marguerite Clément en 1618, entendit le Christ lui dire au lendemain de sa Profession à Annecy : « Ton cœur est à moi, et moi, à lui ; ton âme m’appartient, j’y ai choisi ma demeure ». Elle comprit que saint François de Sales avait été inspiré d’établir un Ordre pour honorer le Cœur de Jésus par la pratique des vertus qu’il a le plus aimées.

Mère Marie-Constance de Bressand, qui avait fondé la Visitation de Nantes en 1630, écrit après son retour à Grenoble en 1647 : « Mon cœur fut tiré près de ce divin Cœur qui s’y joignit et le serra d’une manière très intime, pour lui imprimer ses vertus et pour le fermer à toute autre affection qu’à celle de l’Amour. »

Sœur Jeanne-Bénigne Gojoz, en 1674 à la Visitation de Turin, Jésus associa cette humble Sœur converse à ses douleurs au jardin de Gethsémani, et elle écrivait : « Les douleurs du Cœur de Jésus dans ce jardin ne peuvent être comprises ; un amour infini a pu seul soutenir ce Cœur parmi les angoisses qui l’opprimaient ». Il voulut unir plus étroitement le cœur de Jeanne-Bénigne à son Cœur et il lui fut dit : « Jésus a pris ton cœur, mais vous donne le sien qui contient le vôtre ». Elle comprit qu’il réparait la petitesse de son amour par son Amour même.

Non moins que ces faveurs extraordinaires, la vie habituelle des Visitandines toutes appliquées à reproduire la douceur et l’humilité du Sauveur embaumait le monde du parfum de ces vertus du Cœur de Jésus. « Quoique ce Trésor d’Amour soit un bien propre à tout le monde, il est particulièrement donné aux Filles de la Visitation parce qu’elles sont destinées à honorer sa vie cachée ; afin que, leur étant découvert, elles le manifestent et distribuent aux autres » disait sainte Marguerite-Marie, elle-même fut l’instrument privilégié de cette manifestation.

Sainte Marguerite-Marie. À partir des révélations de Paray-le-Monial, le culte au Sacré-Cœur qui restait jusque-là dans le domaine de la dévotion personnelle, va prendre un caractère de consécration publique, de réparation et de célébration solennelle dans l’Église universelle.
Sainte Marguerite-Marie reçoit, en 1673, cet appel : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier que ne pouvant contenir en lui-même les flammes de son ardente Charité, il faut qu’il les répande par ton moyen, et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir des grâces dont ils ont besoin pour être retirés de l’abîme de perdition. »
En la fête de saint Jean l’Evangéliste, elle voit le Sacré-Cœur sur un trône de flamme, environné d’une couronne d’épines, surmonté d’une croix. Il lui est dit qu’il fallait « l’honorer sous la figure de ce Cœur de chair dont Il voulait voir l’image exposée et portée sur le cœur pour y imprimer son amour et le remplir de tous ses dons et pour y détruire tous les mouvements déréglés. »
En 1675, Jésus demande l’institution d’une fête pour honorer son Cœur, en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation d’honneur, le vendredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

Le 2 juillet 1688, sainte Marguerite Marie a une vision grandiose, la Vierge lui apparaît près du Sacré-Cœur de Jésus, saint François de Sales, le P. Claude La Colombière et les Filles de la Visitation entourent son trône. Marie lui dit en montrant le Cœur de Jésus : « Voilà ce divin trésor qui vous est particulièrement manifesté par le tendre amour que mon Fils à pour votre Institut. Il faut que non seulement celles qui le composent s’enrichissent de ce Trésor inépuisable, mais encore qu’elles distribuent cette précieuse monnaie, en tâchant d’en enrichir tout le monde. » Puis la Vierge en s’adressant au P. La Colombière : « S’il est donné aux filles de la Visitation de le connaître et distribuer aux autres, il est réservé aux Pères de la Compagnie de Jésus d’en faire voir et connaître l’utilité et la valeur. »

La Sainte Visitandine de Paray n’a donc pas été la seule appelée ; tous ses Sœurs le sont avec elle. Le Sacré-Cœur veut d’abord trouver à la Visitation des adoratrices et des consolatrices et puis le feu nourri dans les monastères se propage par les moyens compatibles avec la vie cloîtrée.
Clément XI autorise en 1700 la fête du Sacré-Cœur dans les Monastères de la Visitation. En 1715 à Paray le Monial commence le procès en vue de la béatification de Marguerite-Marie. Peu après, une jeune Visitandine de 17 ans au 1er Monastère de la Visitation de Marseille reçoit révélation des desseins que Notre-Seigneur a sur elle « touchant la gloire de son Cœur adorable ».

18ème siècle

Sœur Anne-Madeleine Rémuzat sera la propagatrice de la dévotion au Sacré-Cœur, d’abord par son rayonnement spirituel : innombrables sont les personnes qui viennent au parloir bénéficier de ses lumières surnaturelles. Bientôt sa mission s’élargit : lorsque Mgr de Belzunce approuve pour le diocèse de Marseille en 1716, la Messe en l’honneur du Sacré-Cœur, Soeur Anne-Madeleine est alors inspirée d’établir une confrérie du Sacré-Cœur comme il en existe déjà dans l’Ordre (Dijon, Bordeaux, Paris,Lyon, Aurillac, Paray…). À sa mort en 1730, la confrérie comptera 60.000 membres ! Par ses soins un petit livre est imprimé qui contient le règlement de l’Association avec quelques pages sur l’origine de la dévotion au Sacré-Cœur, ses motifs et sa pratique, il sera distribué par dizaines de milliers d’exemplaires.
En juillet 1720, la peste éclate à Marseille. Sœur Anne-Madeleine informe Mgr de Belzunce que la ville sera sauvée par la consécration de chaque fidèle au Cœur de Jésus et l’établissement de sa Fête. Le 22 Octobre, Mgr de Belzunce annonce sa décision de célébrer la solennité du Sacré-Cœur et le 1er novembre, il lui consacre la ville et le diocèse. La contagion perd de sa force, mais les désordres moraux et le jansénisme réapparaissent. En février 1722, le fléau revient. L’Évêque demande aux Échevins de la ville de se consacrer eux aussi au Cœur de Jésus, de participer à la Messe chaque année au jour de sa Fête au 1er Monastère de la Visitation de Marseille et d’y offrir un cierge aux armes de la ville pour brûler devant le Saint-Sacrement. Le vœu est accompli le 12 juin, la peste diminue rapidement. Bientôt la plupart des diocèses de Provence, atteints eux aussi, devront au Cœur de Jésus la cessation du fléau.

Succès et oppositions
Malgré les instances de l’Espagne tout entière gagnée au Cœur de Jésus en 1735 par un Jésuite de 25 ans, le Père Bernard Hoyos, la liturgie de la fête du Sacré-Cœur n’est toujours pas accordée par Rome. Enfin le 11 mai 1765 une Messe et un Office nouveaux sont approuvés pour la Pologne et l’Archiconfrérie romaine. Aussitôt les Visitandines demandent et obtiennent, le 10 juillet suivant, de célébrer dans leur Ordre la solennité du Sacré-Cœur. En 1766, à la demande de la Reine Marie Leczinska, les évêques français permettent, sans recourir au Pape, de fêter le Cœur de Jésus. Dès lors en France, le peuple chrétien commence à connaître la dévotion au Sacré-Cœur, jusqu’ici pratiquée surtout dans les villes et les monastères. Mais voici que de partout, et plus seulement de France, vont se lever des adversaires contre cette dévotion : débats interminables, maladresses dans la représentation, mais surtout luttes de personnes et au fond lutte contre les Jésuites. La haine contre la Compagnie de Jésus rassemble philosophes, libertins, jansénistes et conduit à sa suppression en 1773 ; les railleries les plus grossières ridiculisent la dévotion au Cœur de Jésus et Marguerite-Marie, « Marie Alacoque ». Mais dans les monastères, dans les confréries, la dévotion au Cœur de Jésus continue de brûler. L’heure vient où ses fidèles vont être ses martyrs.

La Révolution Française
Le 2 avril 1787, la Supérieure de la Visitation d’Annecy fait connaître aux 167 monastères de l’Ordre les révélations qu’une Sœur a reçues, révélations approuvées « par plusieurs personnes de science et de sainteté ». Dans ces cinq visions recopiées par la Mère d’Annecy, Notre-Seigneur rappelle que la Visitation ne doit vivre que pour et dans son Cœur. La lettre de 1787 est accueillie avec ferveur. Elle suscite à Nantes une grande émotion et pour cause, la voyante anonyme est une nantaise Sœur Marie-Anne Galipaud ; et Mère Claude Marie de Bruc encourage ses filles à répondre aux désirs du Cœur de Jésus et propager son culte. Un moyen simple et qui a fait ses preuves : depuis sainte Marguerite-Marie et le Père Hoyos, les images du Cœur de Jésus ont été distribuées et portées par des milliers de personnes. Depuis la peste de Marseille, les « Sauvegardes » portant ces mots : « Arrête, le Cœur de Jésus est avec moi » sont répandues partout. Les Visitandines de Nantes se mettent au travail. La Supérieure presse les autres Visitations de fabriquer et distribuer des « Sauvegardes ». Les Sœurs de Paris notent le 16 mai 1790 : « Un grand nombre de personnes se trouvent protégées d’une manière frappante depuis qu’elles ont leur précieuse sauvegarde. » D’autres congrégations religieuses sont gagnées par la même ferveur. En 1791 ces petits scapulaires se répandent à profusion en France, Portugal, Allemagne puis l’Italie, la Russie, l’Amérique en demandent. Même après l’expulsion de leurs monastères, les Visitandines continuent leur diffusion. En avril 1792, le P. Lenfant, ancien jésuite, écrit : « Portez cette image du Cœur de Jésus toujours sur vous et placez-en dans votre maison. Les têtes même couronnées sont munies de ce pieux bouclier. »
Le 10 mars 1793 les paysans de l’Ouest se soulèvent dans un territoire qui s’étend depuis l’Atlantique jusqu’à Cholet et Bressuire. Ils ne se révoltent pas seulement pour éviter un odieux service militaire ; ils se battent pour Dieu et pour le Roi. Vendéens et Chouans portent la Sauvegarde sur la poitrine. Des milliers de personnes sont arrêtées, emprisonnées, tuées pour avoir confectionné ou porté sur elles ce signe expressif de l’Amour de Dieu.
Le Sacré-Cœur a eu ses apôtres et ses martyrs, il a aussi compté des milliers d’humbles adorateurs qui se sont réunis au péril de leur vie, pour réciter l’acte de consécration et d’amende honorable, choisir l’heure d’adoration. Ces groupes se forment presque toujours autour des religieux chassés de leurs monastères, autour des Visitandines et des Ursulines surtout. Des recueils de prière au Sacré-Cœur se répandent partout, dans les réunions on confectionne par milliers les scapulaires.

19ème siècle

Après la tourmente
En France mais aussi en Europe les progrès de la dévotion au Sacré-Cœur sont continus. Presque tous les fondateurs ou rénovateurs de congrégations et d’ordre religieux sont, dans la première moitié du XIXème siècle des dévots du Cœur de Jésus. En France les Visitations réapparaissent sous le couvert de leurs pensionnats. La cause de la vénérable Marguerite-Marie abandonnée depuis plus d’un siècle, est reprise en 1824. Pie IX la déclare bienheureuse le 18 septembre 1864 et il ordonne la célébration solennelle pour l’Église universelle de la fête du Sacré-Cœur le 23 août 1856.
Pendant la guerre de 1870 la diffusion des Sauvegardes reprend et Pie IX les bénit avec émotion. Face à l’invasion, les Monastères de la Visitation ont cherché refuge auprès du Cœur de Jésus : ceux de Paris, Metz et Orléans ont vu tomber une pluies de bombes et de balles sans être inquiétés. C’est à la Visitation de Paray qu’est demandé la confection du fameux drapeau de Loigny. À cette époque a lieu le vœu national de la construction de la Basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, la première pierre est posée le 16 juin 1875, 200ème anniversaire de la grande apparition du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie, ce même jour les catholiques du monde entier, avec le Pape Pie IX, se consacrent au Sacré-Cœur. En 1899, Léon XIII amplifie cet acte par la consécration du genre humain au Cœur de Jésus.

Sœur Marie du Sacré-Cœur Bernaud. Elle est contemporaine d’un puissant renouveau du culte du Sacré-Cœur en ce XIXème siècle si fécond. À Bourg en Bresse, elle est religieuse de la Visitation, fille de saint François de Sales l’apôtre de la vocation de tous les baptisés à la sainteté. Elle est sœur de Sainte Marguerite-Marie à qui Jésus demandait : « Je veux former autour de mon Cœur une couronne de douze étoiles composée de mes plus fidèles serviteurs ».
Sœur Marie du Sacré-Cœur fonde la Garde d’Honneur le 13 mars 1863. Le principe est simple : chaque associé choisit une heure de la journée pour s’unir plus intimement au sacrifice du Christ à la Croix et dans l’Eucharistie, en offrant à Dieu le Sang et l’Eau jaillis de son Cœur transpercé pour les besoins de l’Église et en réparation des péchés de l’humanité. Sans rien changer à ses occupations, il offre durant cette heure tout ce qu’il fait, tout ce qu’il est, en louange et réparation envers le Cœur de Jésus blessé par le péché et l’ingratitude des hommes. L’inscription sur un cadran pour l’heure choisie est le signe de l’engagement pris par l’associé de consacrer son Heure de Garde. Le relais qui s’établit ainsi entre les Gardes d’Honneur forme une supplication perpétuelle au cœur du monde. Du souci des âmes à sauver est né le « Cadran de la Miséricorde » où les associés choisissent une Heure de Garde supplémentaire pour obtenir miséricorde en faveur d’une ou plusieurs personnes proches.

Vingt après sa fondation l’Association comptait 2 millions de membres. Que de saints ont été Gardes d’Honneur : Pie IX, Pie X,Marie de Jésus Deluil-Martiny première zélatrice et fondatrice des Filles du Cœur de Jésus, Daniel Comboni, Mutien-Marie, Edouard Poppe, Marcel Callo … La Garde d’Honneur a été reconnue en 1878, approuvée définitivement en 1977 par le Conseil pontifical pour les laïcs.

Sœur Marie-Marthe Chambon (+ 1907). Contemporaine de Sœur Marie du Sacré-Cœur, une humble Converse au Monastère de la Visitation de Chambéry, Sœur Marie-Marthe, a reçu pour mission d’offrir sans cesse les Saintes Plaies de Jésus à Dieu son Père pour les besoins de l’Église, pour la conversion des pécheurs et surtout pour les Âmes du Purgatoire. Sa Passion est un trésor que Soeur Marie-Marthe doit faire connaître aux hommes : « Celui qui est dans le besoin, qu’il vienne avec foi et confiance, qu’il puise constamment dans le trésor de ma Passion ». « Dans la contemplation de mes Plaies, on trouve tout pour soi et pour les autres ». Le Christ lui apparaissant en Croix et lui montrant ses blessures lui dit : « Tout le monde passe, et personne ne regarde ce sang !… De même, en mon Sacrement d’amour, on pense un instant à moi, puis l’on m’oublie !… »
Un jour, à Soeur Marie-Marthe, Jésus montre ses Plaies dans une splendeur lumineuse, celle de son Cœur brille d’un éclat incomparable : « Voilà la source où vous devez puiser…Venez recevoir l’amour de mon Cœur, je veux verser en vous de mon abondance… ».

20ème siècle

Au cours du 20ème siècle placé par Léon XIII sous le signe du Cœur de Jésus, a lieu la canonisation de sainte Marguerite-Marie le 13 mai 1920 par Pie XI. Les Papes successifs promulguent des documents concernant le culte du Sacré-Cœur, la plus connue est l’encyclique Haurietis Aquas de Pie XII pour le 100ème anniversaire de l’institution de la fête du Sacré-Cœur.

Mère Marie-Madeleine Ponnet (+ 1914). Entrée à la Visitation de Lyon-Fourvière, elle a conduit la fondation de Lyon-Vassieux en 1896. « Établie dans la demeure du Cœur de Jésus », elle y a puisé des « Pensées » qui ont nourri la prière de générations de Visitandines.

Dévorée de zèle pour le salut des âmes, elle enseignait « que la fidélité à animer chacune de nos actions de la ferveur de la charité, attirerait bien plus sur le monde les flots d’amour contenus dans le Cœur de Jésus, que toutes autres pratiques ». Évoquant la mission de la Visitation reçue le 2 juillet 1688, « faire valoir les trésors du Cœur de Jésus », elle se demande : « Au jour du Jugement quand Notre-Seigneur nous demandera ce que nous aurons fait de son Cœur, que répondrons-nous ? » Elle compose alors une poésie en vingt cinq strophes :

Fille de la Visitation, qu’as-tu fait de mon Cœur ?
Pour toi voulant brûler d’une ardeur indicible,
Et n’étant rien hélas qu’une glace insensible,
je l’ai pris pour t’aimer, et j’en ai fait mon Cœur.

Fille de la Visitation, qu’as-tu fait de mon Cœur ?
Je l’ai distribué comme un pauvre qui donne
Le trésor infini que le riche abandonne ;
Tous en ont eu : défunt, juste, saint ou pécheur.

Fille de la Visitation, qu’as-tu fait de mon Cœur ?
J’ai voulu le ravir par d’humbles sacrifices,
Dans l’Église de Dieu, c’étaient là mes offices :
Vois si, pour ton Amour, ils sont remplis, Seigneur.

Sœur Bénigna -Consolata Ferrero (+ 1916). Très jeune religieuse à la Visitation de Côme, elle a été choisie par Jésus comme « Petite Secrétaire » : « Je me servirai de toi pour me communiquer aux hommes, pour que l’on croie à mon Amour ». Il la veut humble, cachée, mais il lui révèle les richesses de son Cœur destinées au monde entier, et Sœur Benigna écrit…
Il l’a fait participer à sa charité universelle : « Ma Bénigne, il y a un apostolat de vie intérieure, d’immolation, de vie cachée : c’est celui de la Visitation. Je veux que tu sois dans un état continuel de sacrifice, que tu t’offres à mon divin Cœur pour sauver les pauvres pécheurs. »
Il se fait mendiant : « Ô ma Bénigne ! sois l’apôtre de mon amour ! Que tout le monde entende : j’ai soif de l’amour de mes créatures ».
« Le péché de défiance blesse mon Cœur au plus intime. Le plus grand plaisir de mon Cœur c’est de conduire à mon Père le plus grande nombre possible de pécheurs, ils sont ma gloire! »
Après sa mort à l’âge de 31 ans, ses écrits paraîtront sous le titre : « Vademecum dédié aux âmes religieuses » en peu d’années parurent plus de 10 traductions.

Sœur Marie-Angélique Millet (+ 1944). Contemporaine de Sœur Françoise-Thérèse Martin (la sœur de sainte Thérèse de Lisieux) à la Visitation de Caen, Sœur Marie-Angélique a été infirme toute sa vie, cette infirmité n’a fait que croître devenant une perpétuelle torture.
Elle a tout offert pour les Prêtres : « Ô Amour, prenez ma vie, prenez ma faiblesse, prenez tout pour votre Gloire, pour les ouvriers de votre gloire. » Jésus-Prêtre l’y engage : « Je veux bien t’aider à me donner des Prêtres. Immole-toi pour mon Sacerdoce fatigué, délaissé, persécuté. Mon Sacerdoce est aidé de tes sacrifices. »
En faveur de ses Prêtres, ses « Grands Seuls », Jésus compte sur ses Consacrés mais… : « Il m’a associée au martyre de son Cœur, goûter un peu à l’amertume des déceptions qu’Il reçoit de la part d’une portion de son Élite. »
Pour l’Église, Sœur Marie-Angélique s’est livrée sans réserve : « De ma misère, il a fait son Hostie. Petite hostie qu’il transforme tous les jours en Lui-même en l’immolant sur l’autel de son Cœur. Petite hostie qu’il mange en assimilant tout son être à son divin Vouloir. Petite hostie consacrée à sa Gloire… »

La fin du XXème siècle a vu un déclin de toutes les formes d’apostolat pour la dévotion au Sacré-Cœur, cela est vrai pour la Garde d’Honneur autour des monastères de la Visitation. Par contre les sanctuaires de Paray-le-Monial confiés à la Communauté de l’Emmanuel voient affluer des foules de jeunes pèlerins.

21ème siècle

En 2005, s’inaugurent les voyages des reliques de sainte Marguerite-Marie initiés par Madame Beauvisage et soutenus par le P. Edouard Marot, recteur des Sanctuaires de Paray-le-Monial. En Amérique Latine ces voyages ont connu un succès prodigieux dans les 13 pays visités dont 8 se consacrent au Sacré-Cœur, même succès en 2009 au Portugal et en Espagne.

Les Monastères de la Visitation, spécialement ceux de Paray-le-Monial et d’Amérique latine, voient renaître la Garde d’Honneur et la diffusion des scapulaires du Sacré-Coeur reprend en particulier grâce au 1er Monastère de la Visitation de Madrid.

SC-1
St François de Sales et Ste Jeanne de ChantalSC-2
Le Cœur de Jésus, notre demeureSC-3
St François de Sales donne son blason
à l’Ordre de la Visitation

SC-4
Le Blason
SC-5
Sœur Anne-Marie Rosset
SC-6
Mère Anne-Marguerite Clément

SC-7
Mère Marie-Constance
de Bressand

SC-9
Billet écrit de la main de
Sr Jeanne-Bénigne Gojoz

SC-10
Fresque des apparitions
chapelle de Paray-le-Monial

SC-11
Apparition du 2 juillet 1688

SC-12
Ste Marguerite-Marie
Apôtre du Cœur de Jésus

SC-13
Sœur Anne-Madeleine

SC-14
Mgr de Belsunce prie pour l’arrêt de la peste

SC-15
Le Vœu des Echevins

SC-16
Bx Père Bernard Hoyos

SC-17
La reine Marie Leczinska

SC-18
Arrête, le Cœur de Jésus est là !

Sc-19
La Sauvegarde de Nantes
(archives du monastère)

SC-20
Un Chouan

Sc-21
La Sauvegarde des Vendéens et des Chouans

SC-22
Pensionnaires de la Visitation de Troyes

SC-24
La Basilique de Montmartre en construction

SC-25
Sœur Marie du Sacré-Cœur

 

Alphonse RatisbonneSC-27-2

Alphonse Ratisbonne et Bx Edouard Poppe

SC-27-3OO-5
Bx Marcel Callo et Mère Marie de Jésus
SC-28
Sœur Marie-Marthe

SC-29
Le Cœur de Jésus
source d’Amour

SC-31
Mère Marie-Madeleine

SC-32
Lyon-Vassieux

SC-33
Broderie
d’un ornement liturgique

SC-34
Sœur Bénigna-Consolata

SC-35
Sœur Marie-Angélique

SC-36
Paray-le-Monial

SC-37
Reliquaire de Ste Marguerite-Marie

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Père Edouard Marot et Mme Beauvisage

SC-39
La Sauvegarde de la Visitation du Ier de Madrid