Mère Claude-Marie de Bruc Montplaisir

La rose

 

C’est à l’âge de 20 ans que qu’elle fit profession à la Visitation en 1749. De Sœur Claude-Marie on dira « elle avait pour le Sacré-Cœur une dévotion si tendre et si vive que rien ne pouvait lui plaire si elle n’y voyait l’image de ce Cœur divin ». En 1787, elle est, pour la 3ème fois, appelée à la tête de la Communauté, c’est alors qu’elle va devenir un apôtre de la dévotion au Sacré-Cœur à la suite de nouvelles révélations du Sauveur à une visitandine, il s’agit de l’une de ses filles, Sœur Marie-Anne Galipaud. Le 6 mars 1790, alors que la communauté subit déjà persécution, elle la consacre au Sacré-Cœur.
Le 18 décembre suivant, Mère Claude-Marie écrit : « Ayant remarqué combien le Cœur adorable de Jésus désirait être connu et aimé de ses créatures pour les sauver, nous avons pensé que nous devions profiter de la crainte et de l’effroi que font naître les malheurs présents, pour tâcher de ranimer la dévotion et la confiance au Sacré-Cœur de Jésus, en en faisant de petites images. On ne peut dire la quantité qu’on en donne ni l’empressement et la reconnaissance avec laquelle elles sont reçues ». Toutes les Visitandines de Nantes rivalisent de zèle pour la confection des images du Sacré-Cœur. Mère Claude-Marie va continuer son apostolat jusqu’au bout.
La Communauté, ayant refusé de prêter le serment constitutionnel, sera expulsée le 1er octobre 1792. Ce jour-là les commissaires vérifièrent les scellés, ainsi que les objets que chaque Sœur pouvait emporter, puis Mère Claude-Marie fit servir une collation à ces messieurs, pouvant ainsi disposer du temps nécessaire pour chanter une dernière fois les Vêpres. Les Sœurs trouvèrent refuge chez leurs proches, la plupart à Nantes, à proximité de leur supérieure qui avait groupé plusieurs de ses filles, chez son frère le Marquis de Bruc, au 13 rue de l’Isle proche de la collégiale Notre-Dame. Sous la Terreur, la communauté se reconstitua en grande partie dans l’affreuse prison du Bon-Pasteur, 26 Visitandines s’y retrouvèrent parmi environ 500 femmes dont le tiers de religieuses. Echappées de justesse à la guillotine, elles furent libérées au début de l’année 1795 et les Sœurs durent encore se disperser.
Après le Concordat, dès 1803, le Marquis de Bruc s’étant retiré dans ses terres à Rezé laissa sa maison à sa sœur. Mère Claude-Marie fit transformer une des salles en chapelle et réunit plusieurs de ses Sœurs qui reprirent ainsi leur vie commune et contemplative. Par l’intermédiaire d’une Sœur externe, Sœur Françoise-Julie Corneteau, surnommée la « Mère des prêtres », elle secourut nombre de prêtres et de séminaristes réduits à la misère. Toutes ses démarches pour recouvrer le monastère transformé en hôpital militaire furent vaines. Ayant acquis, le 20 février 1809 une parcelle de l’ancienne Chartreuse, elle charge l’économe, Sœur Anne-Marie Dennebuys, des constructions et de l’aménagement.
Le 19 juillet 1810, Mgr Duvoisin vint au nouveau monastère pour recevoir le renouvellement des vœux des 14 Visitandines qui constituaient la communauté (24 étaient mortes depuis la dispersion), il y rétablit la clôture. La vaillante Supérieure rayonnait.
Bientôt les vocations affluèrent. Mère Claude-Marie sentait sa mission terminée. Le 18 mars 1812, le Seigneur vint dans son parterre cueillir cette rose rouge-feu portant sur sa tige les épines des épreuves qui auront été autant d’aiguillon pour sa foi et son amour.

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