Mère Marie-Philomène Maujoüan du Gasset

L’iris

 

L’iris avec sa couronne de triple pétales évoque la profonde dévotion de Mère Marie-Philomène pour la très Sainte Trinité. Âme d’oraison, adorant le Dieu vivant dans le temple de son cœur, elle y puisa la foi et l’énergie pour mener à bien la construction du Monastère de la Visitation de Nantes mais surtout l’édification du sanctuaire pur et solide de tant d’âmes que Dieu lui a confiées.
Née en 1818 à Saint Etienne de Montluc, elle portait le nom de Léonide. A l’adolescence, sa taille flexible comme un roseau dévia légèrement. Elle raconte : « Je conjurais le Seigneur de vouloir bien redresser ma taille. Il ne m’exauça pas ; il me donna beaucoup mieux, en daignant redresser mon âme ». Ce qu’elle appelle sa « conversion » la mena peu à peu à prendre conscience de l’appel de Jésus. Passant un jour devant la chapelle de la Visitation, elle eut l’inspiration de se recommander à Sainte Philomène, vénérée en ce lieu. Elle promit de porter son nom, si elle lui obtenait de se consacrer à Dieu.
La requête était enregistrée au Ciel, elle allait être exaucée rapidement : le 30 septembre 1842, Léonide entrait à la Visitation pour « chercher Dieu et sa Croix ». Elle devait les trouver dès les premiers mois au monastère dans le service de ses Sœurs et l’obéissance : pour sa frêle complexion, le ménage était besogne très rude. Plus tard, évoquant ce travail au réfectoire, elle disait : « Il me semblait que mes os se disloquaient et que j’allais mourir. »
Sœur Marie-Philomène fit profession le 3 février 1844. Elle écrivait en 1848 pendant une retraite : « Notre saint Fondateur dit qu’une religieuse de la Visitation doit être unie à Dieu, comme Jésus-Christ est uni à son Père. C’est à cette union que je veux tendre de toutes mes forces. Aussi, ne dois-je pas me contenter de penser à Notre-Seigneur ; mais il faut que j’aime ce qu’il a aimé, que je méprise ce qu’il a méprisé. Pour cela, je veux l’étudier sans cesse dans l’oraison ; et, dans toutes mes actions, le regarder pour l’imiter, pour agir en union avec lui, dans sa divine et adorable volonté. Je veux surtout m’attacher à mon Bien-Aimé par l’amour des souffrances et des humiliations, et lui demander continuellement de mourir plutôt que de lui déplaire, même dans les plus petites choses ».
Nommée Directrice du noviciat en 1849, elle se fit pour ses jeunes Sœurs : « La petite mendiante du bon Dieu, car il ne demande jamais rien qu’en même temps, il ne nous donne le moyen de l’exécuter ». Sévère pour elle-même, elle était remplie d’indulgence pour les autres. Nulle Novice, et elles étaient nombreuses, ne sortait d’auprès d’elle sans éprouver le désir d’être meilleure, plus généreuse, plus à Dieu. Elle n’épargnait pas sa faible santé et conduisait son petit troupeau avec un zèle admirable, le nourrissant de solides enseignements. Pour encourager ses novices à l’aube de leur vie visitandine, elle avait des paroles pénétrantes, qui savaient trouver le chemin des cœurs.
Elle fut élue Supérieure pour trois ans le 24 mai 1855, elle le sera dix fois dans les délais prévus par les Constitutions de la Visitation. Elle méditait dans son cœur le projet de construire un monastère selon les plans du Coutumier car la maison construite depuis 1810 menaçait ruine. Lors de sa visite en 1859, Mgr Jacquemet, évêque de Nantes, s’en rendit compte, il lui dit : « Ma Mère, il faut construire un Monastère, je vous en donne l’obéissance ». Recevant cette parole comme l’expression de la volonté de Dieu, Mère Marie-Philomène résolut de surmonter tous les obstacles à venir et de ne s’arrêter qu’au jour où tout serait terminé. Son recours était le Cœur de Jésus avec l’intercession de Notre-Dame, des saints Fondateurs, de saint Joseph et sainte Philomène. Elle avait pour la seconder une jeune Econome très capable, Sœur Marie-Ambroise Lamy, âme pleine de foi et de zèle pour le Seigneur, qui fut elle aussi appelée plusieurs fois à la charge de Supérieure. Mère Marie-Philomène et Mère Marie-Ambroise avaient des personnalités parfaitement complémentaires animées par un même amour du Seigneur qui leur donnait de vivre une profonde communion spirituelle. Les constructions de la chapelle et du monastère commencées en 1859 s’achevèrent 5 ans plus tard, portées par la prière constante de la communauté qui était elle-même entraînée par la confiance inébranlable en la Divine Providence dont témoignait Mère Marie-Philomène.
Au milieu des soucis matériels, chargée d’une communauté de cinquante Sœurs et de la formation des novices. Elle confiait : « Je ne sens qu’un goût, qu’un attrait continuel, c’est d’aimer Dieu, de le faire aimer, de n’agir que pour procurer sa gloire et la faire procurer par les autres… Ne vivre que pour mon Bien-Aimé, mon unique Amour, Jésus-Christ ! Ne vivre que d’humilité et de charité ».
Un tel zèle était fécond, il rayonnait au-delà des murs de clôture dans la ville de Nantes et dans l’Ordre de la Visitation. Mère Marie-Philomène eut l’initiative de la fondation de la Visitation de Roubaix en 1876 et de celle de Legé en 1893 ; elle répondit aux demandes des Monastères de Porto, de Dreux, d’Angers, de Mayenne et de Périgueux en leur envoyant pour plusieurs années des Sœurs pour les aider.
C’est dans l’accomplissement de sa mission de Mère que le Seigneur est venu la faire entrer dans sa joie le jour de ses 78 ans le 20 mars 1896. Elle s’était peinte par ces mots : « La Supérieure n’est pas la maîtresse des âmes, elle n’est que leur servante ; elle doit les servir selon leur besoin et sans se lasser jamais. J’ai aimé mes Sœurs, autant qu’il m’a été possible d’aimer ; ma joie a été de leur donner tout mon dévouement. A chaque enfant que Dieu m’envoie, il semble qu’il se plaise à dilater mon cœur ; oui, je crois qu’il m’a faite vraiment Mère ».

Voyant en la Vierge Marie, la vraie Mère de toutes les âmes que Dieu lui avait confiées, elle s’était plu à donner son nom à toutes ses filles. Elle dit peu avant sa mort : « Je désire que l’on continue à donner le nom de Marie à toutes les Sœurs qui entreront céans ». Elle voulait ainsi confier à la Mère du Ciel toutes les religieuses présentes et futures de cette famille qu’elle avait tant aimée. Promesse fut faite de garder fidèlement ce vœu à perpétuité.

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Mère Marie-Philomène devant la statue de Ste Philomène dans le jardin avec quelques sœurs

Mère Marie-Philomène devant la statue de Ste Philomène dans le jardin avec quelques sœurs

Mère Marie-Philomène

Mère Marie-Philomène

La maison provisoire de 1810 à 1859

La maison provisoire
de 1810 à 1859

Maquette du monastère

Maquette du monastère

En  chaise roulante dans le jardin

En chaise roulante
dans le jardin

Sur son lit de mort

Sur son lit de mort

 

Notre Dame de la         sainte Maternité

Notre Dame de la sainte Maternité