Sœur Claude-Angélique Garnier

La violette

Entrée au Monastère à l’âge de 17 ans en 1654, c’est sous l’orage des épreuves physiques et spirituelles que cette fleur printanière enracine sa vocation. Pendant sa retraite précédant sa profession, voici que l’Enfant-Jésus vient se faire lui-même son Directeur, il lui a continué cette grâce toute sa vie avec une familiarité incroyable, disent ses contemporaines.

Il l’a conduite par une voie d’innocence et de simplicité, non sans permettre parfois des doutes angoissants. Un soir, après s’être plainte à l’Enfant-Jésus, elle s’endort accablée. Il lui sembla alors voir une colombe et entendre ces paroles : « Ne crains point, la voie que tu suis est fort bonne, tout ce qui conduit à la mort à soi-même n’est point tromperie ». Puis la colombe la fit entrer dans un jardin rempli de fleurs et lui en donna deux : « Sois comme ces petites fleurs dans le jardin de l’Époux ». Des deux petites fleurs qui lui avaient été donnée, elle en oublia une et ne se souvint que de la violette.

Tout en travaillant, sa conversation avec l’Enfant-Jésus est si continuelle et si aimante qu’il semblerait que ce soit deux amis qui communiquent ensemble. Dans ses infirmités et ses maladies fréquentes, elle peut dire : « Je ne trouve pas de soulagement pareil à celui d’entretenir mon petit Jésus ».

Ce parfum du Christ, elle le répand par sa douceur parmi ses Sœurs. Pour le salut des âmes, elle est prête à tous les sacrifices : une fois c’est telle âme du Purgatoire, le frère de sa Supérieure, que le Seigneur lui confie ; une autre fois elle s’offre pour la conversion de tel pécheur, cette personne revient à Dieu en effet, et Sœur Claude-Angélique souffre pendant près d’un an d’une maladie inconnue des médecins.

Dieu se plaît à répandre sa lumière et sa rosée sur cette humble fleur : à l’oraison, il l’occupe tout entière. Souvent il lui est mis dans l’esprit des passages de l’Écriture, particulièrement des prophètes et du Cantique des cantiques, qu’elle n’a jamais lus, en même temps l’intelligence lui en est donnée d’une manière qu’elle ne peut exprimer, mais qui procure de grands effets dans son âme.

Proche de sa mort, elle demande qu’on mette sur elle un Nouveau Testament et la Règle de la Visitation, afin d’en être fortifiée, sous le regard de son petit Roi dont l’image est ornée de fleurs printanières en ce mois de mai 1667. Et l’humble violette s’en est allée fleurir au jardin de l’Époux qui a promis son Royaume aux enfants.

CAG-1

 

CAG-3

 

 

CAG-4

 

 

CAG-5

 

CAG-6