Sœur Marie-Michelle Boufard

La passiflore

Lapassiflore, la fleur portant les symboles de la passion en sa corolle immaculée, peut le mieux représenter la vie pure de Sœur Marie-Michelle, celle à qui Jésus, se montrant comme l’Homme de douleurs, a promis de la rendre semblable à lui.

Avant d’entrer à la Visitation à l’âge de 51 ans en 1662, elle avait répandu la bonne odeur du Christ dans la ville de Nantes, où elle s’était acquis respect et vénération au point que l’on venait la consulter et se confier à sa prière. Ses directeurs spirituels, dont M. Olier pendant son séjour à Nantes en 1638, l’avaient en grande estime, l’un d’eux un Père Jésuite fut chargé, à la demande de Notre-Seigneur, d’écrire sa vie qui fut publiée en 1700 deux ans après la mort de Sœur Marie-Michelle.

Dieu a libéralement comblé cette âme humble et simple, tout abandonnée à sa volonté, par des grâces extraordinaires qui l’établirent dans une intelligence et une communion profondes aux mystères du Christ célébrés dans la liturgie, une intimité toute familière avec la Vierge Marie, les anges et les saints.

Voici un florilège :
Elle n’a que 16 ans, alors qu’en la nuit de Noël elle contemplait la Vierge allaitant l’Enfant Jésus, celui-ci lui dit : « Il se forme dans l’âme pure un lait qui me nourrit. Vous m’avez donné le lait de votre pureté, je vous donne le lait de ma grâce, qui est mon amour ».
Le Christ cloué à la croix lui dit : « Si vous voulez être unie à moi, il faudra que ces pointes vous percent les pieds et les mains. Moi-même je vous crucifierai. » Elle répondit : « Seigneur je le veux de tout mon cœur ! » Jésus lui dit un jour : « Je vous couronnerai vierge et martyre. »
L’heure approche où elle va pouvoir réaliser sa vocation, Jésus lui dit : « Je vous transplanterai dans le jardin de la vie religieuse, et je vous y ferai mourir dans les ardeurs de mon amour ».
Après son entrée à la Visitation, elle traverse pendant deux ans l’épreuve de la défiance et la nuit spirituelle. Enfin, le Seigneur vient à elle plein de douceur : « Je vous ai conduite par une voie bien humiliante et bien crucifiante. Je voulais peindre en vous l’image du Crucifix. Vous avez secondé mes desseins par la mortification de vos sens et de votre volonté. C’est ainsi qu’il fallait faire pour me plaire ».

L’Eucharistie célébrée, reçue en communion et adorée, a été pour elle source de lumière, de joie, de force et de vie. Jésus lui dit avec tendresse : « Vous me dites sans cesse que je suis votre cœur, et moi je vous assure que vous êtes le mien. Ceci se fait par la communion ». Pendant l’adoration eucharistique, elle vit plusieurs fois une flèche ardente, qui passait au travers de son cœur, y faisant une blessure délicieuse et la séparant d’elle-même et de toutes les créatures. Son zèle pour le salut du monde n’en devint que plus ardent : « Mon Dieu, donnez à tous les hommes, mes chers frères, la grâce de vous connaître et de vous aimer. » Jésus lui demandait : « Je veux que vous m’adoriez pour ceux qui ne le font pas ». Il lui fit comprendre qu’elle devait être une petite hostie toujours offerte en sacrifice.
Sur les petits, la Trinité Sainte se penche avec complaisance. Une nuit, Sœur Marie-Michelle se voit dans le sein de Dieu qui est le lieu de la lumière, le lieu du sacrifice, où l’âme est immolée à Dieu pour être consumée dans le feu de l’Amour divin. Elle s’écrie : « Mon Dieu Saint, vous n’avez rien que vous ne me donniez. Votre amour est votre vie, et vous me donnez cette vie en me donnant votre amour. Que ma vie vous soit un continuel sacrifice d’adoration, d’amour, de louange, et d’action de grâce ».
Vers l’année 1670, Jésus l’assure qu’elle n’aura plus d’autre occupation dans cette vie que celle de l’amour ; que l’amour sera son lit de repos pour toute l’éternité. Une autre fois, lui montrant son Cœur, il lui dit : « Voici, le lieu où vous devez passer le reste de vos jours dans l’exercice de l’amour ».
Sœur Marie-Michelle, au terme de sa vie très humble au milieu de ses Sœurs, éprouvée en son corps par les infirmités et consumée en son cœur par l’Amour divin, ressemble à cette fleur de la Passion plantée sur le Calvaire. Là Jésus lui laisse ses deux trésors : sa Croix et sa Mère. « Vous ne me verrez plus désormais qu’en la Croix afin que votre vie finisse avec la mienne. Vous irez de la Croix au ciel ». « Je vous accorde la grâce d’aimer ma Sainte Mère autant qu’une créature le peut faire par ma grâce. » Celle-ci la comble de joie en lui disant : « Ma fille, je serai toujours votre Mère ».
Elle passe la nuit du 29 au 30 mai 1698 dans des sentiments de joie de se voir à la veille de son bonheur éternel et on l’entend répéter sans cesse, ces paroles qui sont ses dernières : « Benedictus qui venit in nomine Domini. Hosanna in excelsis ! »

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